La ronde du Cotopaxi

Je suis allé la première fois en Equateur en 1981, pour une mission professionnelle dans cette institution puissante qu’était alors el Banco Central del Ecuador. J’avais dans la poche le petit livre d’Henri Michaux, Ecuador, 1929, à la poésie si juste: « Qui n’aime pas les nuages, qu’il ne vienne pas à l’Equateur, ce sont les chiens fidèles de la montagne ».

Je suis retourné ensuite régulièrement dans le pays, retrouvant des amis et faisant de nouvelles découvertes. Mais il m’a fallu une trentaine d’années pour découvrir ce lieu de bonheur qu’est l’hacienda si bien nommée La Alegria. Cette hacienda de tradition familiale, où l’élevage de vaches laitières et l’activité équestre cohabitent harmonieusement, est située dans la campagne arborée et verdoyante qui prend la suite, au sud, des derniers faubourgs de Quito (capitale en expansion le long de cette vallée centrale qui sillonne le dos de la cordillère…). Elle est proche de la bourgade d’Aloag,  là où la route qui plonge vers le Pacifique se sépare de la Panaméricaine qui parcourt la vallée centrale.

En juillet 2014, avec quelques autres cavaliers, guidés par Gabriel Espinosa, expert et affable maître des lieux, nous avons quitté l’hacienda droit vers le sud pour enrouler le Cotopaxi dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, obliquant à l’est pour revenir  ensuite par le côté nord du volcan, presque à le toucher, en traversant les coulées de lave situées à 4000 mètres d’altitude.

Les paysages de la cordillère, cet entremêlement de volcans, de vallées et de paramos perdus, offrent aux cavaliers un champ d’exploration inépuisable. Gabriel et son assistant Rodrigo furent des guides hors pair : ils ont la cartographie détaillée de ces cordillères compliquées et accidentées dans la tête. Gabriel connait intimement l’histoire et les traits des lieux traversés, expliquant par exemple que tel paramo perdu, inhospitalier et vide, appartient à la congrégation des jésuites, historiquement active en Equateur. Les chevaux sont à toute épreuve, fiables et robustes ! Ils ne craignent ni l’altitude, ni les longs efforts, et ne rechignent pas devant un galop à 4 000 m.

La boucle achevée, nous avons prolongé le plaisir en poussant à l’ouest d’Aloag, là où la cordillère amorce sa chute vers le Pacifique, laissant les vapeurs montées de l’océan envahir les pentes et en faire un bosque nublado à la végétation explosive. Les hôtes accueillants de l’hacienda Bomboli prolongèrent la découverte de cet environnement unique par une instructive sortie botanique de précision.

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