L’économie du bricolage comportemental

A propos de Richard H.Thaler, Misbehaving, Les découvertes de l’économie comportementale, Seuil, 2018

« Un jour où Robert Barro et moi participions à une conférence, il y a plusieurs années, j’ai dit que la différence entre nos modèles était que le sien suppose que les agents soient aussi intelligents que lui, alors que dans le mien ils sont aussi bêtes que moi. Barro fut d’accord avec moi », Richard Thaler, Misbehaving, note de bas de page, p.152.

Dans un précédent texte (Vers la naturalisation de l’homo œconomicus ?),  j’évoquais la convergence ‘naturaliste’ entre les développements des neurosciences et la réflexion économique contemporaine, notamment le courant relevant  de l’économie comportementale : la naturalisation réaliste de l’homo œconomicus serait en cours au travers de cette convergence.

Le livre de Richard Thaler, prix Nobel d’économie 2017, offre une synthèse vivante des développements de l’économie comportementale depuis quelques décennies, certes « cognitivement biaisée »  par la mise en avant de l’itinéraire personnel de Richard Thaler, puisque le livre est écrit sur un ton mémoriel, au demeurant captivant, au travers des péripéties, collaborations et controverses académiques qui sont le sel de la vie universitaire. L’auteur a de l’humour, se prétend paresseux mais tient visiblement à sa reconnaissance comme l’un des maîtres à penser de l’économie comportementale et de l’économie tout court. Le livre porte prioritairement sur le débat académique américain au cours des quatre dernières décennies, ce qui est à peu près le délai pour qu’un courant né marginal aux Etats-Unis, puis s’amplifiant jusqu’à affirmer une certaine hégémonie, voit cette hégémonie se transporter en Europe (tout comme la théorie des jeux, née aux Etats-Unis dans les années 1940, s’imposa comme référence obligée au sein des universités françaises dans les années 1970). A la fin de son ouvrage, Richard Thaler parle même de « nouvelle vulgate » (p.491).

Le divorce avec les économistes traditionnels ou rationalistes[1]

Richard Thaler s’est tôt intéressé à tous les petits travers et incidents des comportements humains quotidiens qui viennent perturber la vision rationaliste de l’homo œconomicus (rebaptisé  « Econo ») et qui sont vite classés comme « facteurs non pertinents » par l’orthodoxie du choix rationnel. Il adore les jeux et les expériences un peu tordus qui mettent en échec cette axiomatique rationaliste et ses étudiants, parfois ses collègues, sont des cobayes de prédilection. L’économiste comportemental fait de la recherche en s’amusant. C’est la stratégie du contre-exemple, suffisamment probant, significatif et réplicable pour « falsifier », sur un mode Popperien, nombre d’ énoncés de la théorie standard, dont Richard Thaler ne méconnait pas la puissance analytique issue du couplage entre l’optimisation qui guide le choix rationnel et la propension à l’équilibre des marchés où se rencontrent des agents dotés de cette rationalité.

Le point de départ est simple : les humains ordinaires ont bien du mal à optimiser, « même approximativement » (p.23), et tout l’attirail de croyances et de convictions dont ces humains sont porteurs vient « biaiser » leurs comportements par rapport à la référence du choix rationnellement optimal : ils mobilisent des règles heuristiques qui sont plus proches de l’intuition et de l’approximation que d’une rationalité formellement parfaite. Les théories qui assimilent les humains aux Econos pêchent par irréalisme et leur validité empirique approximative relève de l’exception plutôt que de la règle. Les modèles qui  découlent de ces théories peuvent avoir une utilité analytique, mais ils ne peuvent prétendre à une vérité descriptive et, lorsqu’ils inspirent des décisions politiques, les conséquences peuvent être nuisibles.  Pour gagner en vérité descriptive, il faut injecter dans l’approche économique « de fortes doses de psychologie et de diverses autres sciences sociales » (p.28). De fait, le rapprochement avec les psychologues est prioritaire dans la carrière de Richard Thaler, à commencer par ceux passés à l’économie, comme Daniel Kahneman et Amos Tversky, avec qui ses échanges furent denses.

Richard Thaler aura dépensé beaucoup d’efforts pour collecter des faits comportementaux contraires aux images standard de la rationalité et prouver leur prégnance ou récurrence, la rigueur scientifique ne permettant pas alors de s’en défaire d’un revers de main, comme s’il s’agissait d’aléas finalement négligeables. C’est le cas par exemple de l’effet de dotation, c’est-à-dire l’attachement spécifique aux choses déjà possédées ou aux caractéristiques supposées acquises d’une transaction répétée, qui vient contredire la rationalité simpliste des coûts d’opportunité (ce qui est appelé en France les « acquis sociaux » est une forme d’effet de dotation collectif !).

Dans la controverse conceptuelle avec les économistes traditionnels, Richard Thaler dessine vite dans son livre une coupure épistémologique à laquelle a contribué décisivement la Prospect theory de Kahneman et Tversky : une théorie descriptive des comportements humains, rendant compte de ces derniers avec une précision raisonnable et donc une certaine capacité prédictive, ne peut être simultanément une théorie normative, qui prétend faire de l’optimisation rationnelle la clé des comportements courants. La Prospect theory (appellation fort contingente selon Thaler) invalidait la courbe classique de l’aversion au risque en mettant en avant l’idée qu’une perte fait plus de mal qu’un gain équivalent n’apporte de bien. Une théorie descriptive prend au sérieux ce que les gens disent de leur propre comportement, à travers enquêtes et questionnaires, y compris via des questions hypothétiques et des expériences construites les poussant à révéler leurs préférences réelles et leurs biais de jugement. Lorsque la théorie normative se prétend descriptive, elle prête aux gens le modèle élaboré dans le cerveau de l’économiste, les transformant en Econos, d’autant plus sophistiqués qu’au fil du temps la théorie s’est mathématisée pour définir des solutions optimales toujours plus complexes. On est alors loin de la rationalité limitée d’Herbert Simon.

Richard Thaler liste les échanges d’arguments avec les tenants de la théorie traditionnelle. Il réfute la validité du « comme si », popularisé par Friedman lorsque ce dernier affirme que le réalisme des hypothèses d’un modèle théorique n’est pas un problème dès lors que ce modèle produit des prédictions exactes : le bon joueur de billard ne  connait pas les formules mathématiques complexes qui guident la trajectoire optimale des boules mais joue « comme s’il » les connaissait. Mais tout le monde n’est pas champion de billard et la théorie a vocation à décrire les comportements des gens ordinaires. L’argument de l’apprentissage, selon lequel les individus apprendraient à choisir rationnellement par répétition des mêmes épreuves, a aussi ses limites lorsque des choix à fort enjeu ne sont pas fréquents (l’achat d’un logement, l’épargne pour la retraite, par exemple). L’idée que le fonctionnement des marchés obligerait les gens à la rationalité manque de logique, puisque ce serait alors l’équilibrage du marché qui serait source de l’optimisation individuelle.

Un pragmatisme empirique sans théorie spécifique?

La sécession avec les économistes traditionnels, ou rationalistes, étant actée, c’est à la recherche de la réalité des comportements que s’attache longuement Richard Thaler au cours de sa carrière. La comptabilité mentale que pratiquent les individus et les ménages pour gérer leurs budgets, acheter et épargner, juger avantageuse ou juste une transaction, constitue un champ d’investigation stimulant, qui flirte avec les techniques du marketing et de la gestion. Cette comptabilité mentale recourt à des procédés incompatibles avec les principes du choix rationnel, comme le « système des enveloppes », par lequel les ménages compartimentent la gestion de leur contrainte budgétaire en violant le principe de fongibilité de leurs ressources monétaires. Ce principe de fongibilité est aussi mis en cause lorsque les individus décident de leurs arbitrages de consommation et d’épargne sans se soumettre à un cycle de vie parfaitement anticipé et contrôlé au sens de Modigliani : la cohérence temporelle parfaite n’est pas de ce monde. Et lorsqu’on fait participer les gens à des jeux les poussant à expliciter leur conception de la justice ou de l’équité, leurs comportements apparaissent souvent plus coopératifs, même dans des jeux répétés se prêtant à apprentissage, que ce qu’impliquerait le strict égoïsme rationnel.

C’est un des traits saillants de l’approche développée par Richard Thaler et d’autres : cette économie positive outrepasse de fait les frontières avec les disciplines plus prosaïques de la gestion et du marketing, ce dont témoignent certains épisodes assumés de la vie professionnelle de Richard Thaler, qui n’hésite pas à aller jouer le consultant dans des business fort concrets. Sa curiosité envers la réalité des comportements économiques courants, qu’il sait disséquer avec beaucoup de perspicacité (et d’imagination lors qu’il faut monter des expériences ludiques pour les révéler), rend attractive son approche et concret son ouvrage. Cette approche se veut une économie positive prosaïque, éloignée de la spéculation théorique aveugle à la réalité des comportements. La contrepartie est que l’économie comportementale n’échappe pas à ses propres penchants spéculatifs, du côté de l’intuition, d’expériences parfois artificielles ou circonstancielles, dont la portée générale est incertaine, d’emprunts rapides aux approches psychologiques à la mode, comme le modèle dit du « double système » qui décrit la coexistence, dans une même personnalité, d’un « moi planificateur » et d’un « moi faiseur ». Certes, Richard Thaler précise rapidement qu’il s’agit là d’une « métaphore » (p. 169), déjà baptisée par le fabuliste comme celle de la fourmi et de la cigale, sans exclure cependant que les développements récents de la neuro-économie viennent un jour lui procurer une base physiologique (le cortex préfrontal et le système limbique). La tentation phrénologique a encore de beaux jours devant elle…

Dans une conférence de 1985 à l’Université de Chicago, dont rend compte Richard Thaler, Arrow remarqua qu’une théorie économique pourrait se baser sur une autre axiomatique que celle de la rationalité, par exemple sur une axiomatique des habitudes (voilà de quoi réveiller les mânes de Bourdieu !). Thaler assimile d’ailleurs l’émergence de l’économie comportementale  à un changement de paradigme au sens de Kuhn, l’auteur de La Structure des révolutions scientifiques (1962). Le champ de l’économie comportementale s’étend et les comportementalistes deviennent un courant vivifié par l’apport de jeunes chercheurs, ouverts notamment aux développements des neurosciences. L’interdisciplinarité reste cependant un exercice difficile, même avec les psychologues, qui ont tendance à trouver sommaire l’importation de notions psychologiques par les économistes comportementalistes.

La controverse entre les deux camps, rationaliste et comportementaliste, pénètre le champ sensible de la finance, les chercheurs en finance comportementale s’attaquant au paradigme de l’efficience des marchés. Les marchés financiers étaient censés être le lieu par excellence de la rationalité, réduisant au mieux les anomalies de comportement : l’efficience du marché garantit la rationalité des prix et l’impossibilité même de battre ce marché. Les économistes comportementalistes ont  pénétré dans ce champ avec leurs gros sabots, pour partie hérités de glorieux anciens, à commencer par Keynes, lorsqu’il recourut à la parabole du « concours de beauté » pour décrire le mimétisme à l’œuvre entre agents financiers. Graham, analyste de « l’investissement dans la valeur » au cours des années 1930 et 1940, s’en trouve aussi réhabilité, lui qui mettait en évidence des séquences de sous- ou sur-évaluations persistantes  de certaines actions, c’est-à-dire des bulles positives ou négatives qui ne s’effacent pas aussitôt qu’elles apparaissent : le retour à la moyenne, qui est le propre du cycle[2] et qui va à l’encontre des extrapolations trop crédules de la tendance immédiate, est effectif mais prend du temps et laisse donc de la marge aux investisseurs clairvoyants. L’hypothèse du marché efficient était incompatible avec ces observations et s’efforça de les oublier. Les comportementalistes remirent sur le devant de la scène des données et des tests retrouvant l’inspiration de Keynes et Graham. Ce n’est pas une controverse terminée, elle se poursuit dans la surenchère : les tenants de la finance efficiente adaptent leurs modèles (comme le MEDAF, Modèle d’Evaluation des Actifs Financiers, ex-modèle de référence), raffinent par exemple l’évaluation des risques et introduisent de nouveaux facteurs, désormais jugés pertinents, dans ces modèles, au prix d’une sophistication alourdie.

Thaler ne tire pas un trait définitif sur l’hypothèse de marché efficient. Il la considère comme une référence utile, à la fois analytique et normative, pour repérer les anomalies indicatrices de comportements irrationnels dont l’agrégation vient démentir cette hypothèse. Et il ajoute, en toute sincérité ou humilité : « Et il n’existe pas encore de théorie comportementale du prix des actifs qui puisse servir de fondement théorique à la recherche empirique. Quel que soit le sujet, nous avons besoin d’un point de départ pour organiser notre pensée, et l’hypothèse du marché efficient reste le meilleur dont nous disposons à ce jour »  (p.361). C’est le paradoxe de l’économie comportementale : libérée dans ses approches empiriques, elle n’est pas autonome théoriquement. L’analyse empirique de l’inefficience du marché des transferts dans le football américain est à la fois savante et savoureuse (avec quelques difficultés de lecture pour qui n’en connait pas les règles exotiques).  Mais ces aventures empiriques ne règlent pas l’enjeu théorique : « Les économistes ne prendraient pas le nouveau champ au sérieux tant que des modèles mathématiques formels ne pourraient pas intégrer les découvertes récentes faites à partir de la psychologie » (p.437).

Vers l’Etat libertarien ?

C’est un entre-deux inconfortable, que Thaler reconnait à sa façon à la fin de l’ouvrage : d’un côté, « une théorie du comportement des Econos ne peut avoir de fondement rationnel, puisque les Econos n’existent pas » (p.493), l’axiomatique du choix rationnel qui fonde la théorie standard n’ayant pas grand-chose à voir avec la réalité de la vie quotidienne ; de l’autre, les économistes comportementalistes ne disposent pas d’un corpus théorique abouti et ne peuvent se passer de la référence à la théorie standard pour repérer les anomalies dont ils tirent des données en vue d’identifier les facteurs pertinents et de fonder ainsi leurs analyses et recommandations. Pour progresser, Richard Thaler mise sur la collecte et l’exploitation de données probantes, notamment via les essais randomisés contrôlés. Mais l’ambition est intacte, puisque la conclusion de l’ouvrage ambitionne d’étendre l’approche comportementaliste à la macroéconomie[3].

Les prescriptions dont se font porteurs les économistes comportementalistes, par exemple celles que propose Richard Thaler en matière d’épargne-retraite, relèvent souvent d’un bricolage empirique, souvent intuitif, et au demeurant astucieux, dans une optique très pragmatique de problem solving. Ce sont des recommandations gestionnaires dont le bon sens se fonde sur une observation attentive et réfléchie des faits, des données et des comportements, en vue de les infléchir dans la direction souhaitée, par exemple épargner plus et mieux pour sa retraite. A cet égard, Thaler ne récuse pas, après réflexion, le vocable de « paternalisme libertarien » appliqué à ces recommandations. L’optimalité de la décision individuelle étant impossible dans un monde complexe, les politiques publiques ont la responsabilité de guider ces décisions, tout en respectant les objectifs affichés par les individus, par des nudges, des coups de pouce bien dosés, passant par des facteurs pertinents que mésestime l’approche traditionnelle.

Il s’agit d’accompagner (pour reprendre un terme plus usité en France) les individus par une « architecture de choix » leur facilitant la prise de décision : « A de nombreux titres, concevoir de bonnes politiques publiques, c’est comme concevoir de bons produits de consommation » (p.464). Si ce paternalisme libertarien s’enracine dans une tradition américaine où les obligations imposées par l’Etat aux individus sont souvent mal vues (par exemple s’assurer pour sa santé), il fait néanmoins école ailleurs, comme le montre l’effort du gouvernement Cameron pour incorporer l’approche comportementale (voire les « sciences comportementales » dans une acception frisant le scientisme) et la bonne définition des nudges à la mise en œuvre des politiques publiques britanniques.  La méthodologie de l’essai randomisé contrôlée est la voie royale, si on peut dire, en ce domaine, notamment pour disposer de données probantes, mais, pour des raisons pratiques ou éthiques, elle n’est pas toujours aisément praticable. L’idéal, c’est de parvenir à construire des nudges à la fois bienveillants, transparents et efficaces. L’influence de l’ « Unité nudge » constituée au sein de l’administration britannique fera aussi école dans l’administration Obama et diffusera dans une certaine mesure outre-Manche. Et, de fait, les stratégies d’accompagnement des choix individuels qui se dessinent dans le cas français depuis plusieurs années, en cherchant à marier la responsabilité personnelle et une architecture institutionnelle incitative, empruntent pour partie à ce type d’approche[4].

La carence théorique reconnue de l’économie comportementale et les affinités idéologiques  de ses artisans sont autant de grain à moudre pour ceux qui n’y voient qu’un recyclage de l’orthodoxie, un sauvetage de l’homo oeconomicus individualiste et une évolution inquiétante vers un gouvernement à distance  des conduites individuelles : c’est le parti retenu par exemple  par Henri Bergeron et alii dans une revue critique de l’ouvrage de Richard Thaler publiée sur le site La Vie des Idées (« Comportement correct exigé, Economie comportementale et gouvernement des conduites »). Ce point de vue critique, qui souligne la méconnaissance des interactions sociales de nature systémique par les approches comportementalistes, est recevable. Mais il n’épuise sans doute pas le regard qu’on peut porter sur les travaux comportementalistes qui relèvent aussi, dans le contexte américain, d’une tradition de pensée « pragmatique » ne séparant pas la connaissance et l’action : le bricolage est une activité estimable. Que des économistes s’intéressent avec attention aux petits et grands problèmes que rencontrent leurs concitoyens dans leurs vies ordinaires ne saurait être pris à la légère. Il y a sûrement quelques leçons à en tirer dans une profession férue de controverses parfois spéculatives.

[1] Pour désigner ses collègues dont il se distancie, Richard Thaler parle d’économistes traditionnels, standard, mainstream, rationalistes, et, pour le camp auquel il se rattache, d’économistes comportementalistes.

[2] Les cycles peuvent être compris comme des déviations persistantes à la tendance de long terme, sans pour autant échapper à une contrainte de stationnarité qui ramènent les variables cycliques vers cette tendance. Cf Jacky Fayolle, Le quinquennat sous l’ombre du cycle.

[3] Les praticiens de la conjoncture, habitués depuis longtemps à manier les données issues des enquêtes d’opinion conjoncturelles, peuvent avoir le sentiment d’avoir fait de la macroéconomie comportementaliste sans le savoir…

[4] Voir Jacky Fayolle et Florian Guyot, La sécurisation des parcours professionnels, Presses de Sciences Po, 2014.

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