Pourquoi Mélenchon n’est pas mon antidote face à Le Pen

Qui sera en mesure de battre Marine Le Pen ? Face au danger qu’elle représente, je conserve et j’exercerai ma liberté de choix. Et, comme lors de précédentes échéances, je reçois force d’injonctions, plus prosélytes qu’amicales, à me montrer utile et à voter Mélenchon, considéré dans une image pieuse circulant sur les réseaux sociaux comme « le digne et unique représentant du peuple français » (sic). Des célébrités s’y mettent. Le cinéaste Robert Guédiguian, dont j’aime bien les films, joue la culpabilisation : s’il manquait juste ta voix à Mélenchon pour être au second tour… L’écrivain François Bégaudeau fait dans un registre plus agressif et grossier et sans doute inefficace, qui n’encourage pas à ouvrir ses livres, en traitant d’emblée de salaud l’électeur de gauche qui ne votera pas Mélenchon au premier tour. Je vais donc expliquer posément, un peu longuement, pourquoi je ne considère pas Mélenchon comme le meilleur concurrent à opposer à Marine Le Pen. Ce n’est pas réductible aux irritants et aux outrances dont Mélenchon est coutumier, même si ces comportements jouent leur rôle. Et ça remonte loin, à une vingtaine d’années, loin dans l’espace aussi, puisque ça commence par l’Amérique latine : nous n’avons pas la même vision des problèmes du monde et le fossé s’est creusé au fil du temps. Si on me dit que l’élection présidentielle concerne la France et pas le monde, je répondrai par une banalité : le sort de notre pays est aujourd’hui partie prenante de celui du monde perturbé auquel nous appartenons et la manière de faire face à ces désordres du monde est pour moi décisive. En route pour un petit voyage. [le texte en pdf est téléchargeable ici ]

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Des économistes en quête de souffle démocratique

Faisant le constat bien documenté d’un état de fatigue et défiance démocratiques, le Conseil d’Analyse Economique (assemblée d’experts auprès du Premier Ministre)[1] s’interroge sur les réformes institutionnelles susceptible d’enrayer cette dégradation qui est plus marquée en France que chez nos voisins européens, atteint un seuil critique et va à l’encontre d’une performance satisfaisante des politiques publiques, notamment en minant le consentement à l’impôt et en fragilisant les arbitrages collectifs. C’est l’objet de la note « Face à l’essoufflement démocratique, réformer les institutions » par Pierre C. Boyer et Vincent Pons, membres du CAE[2]. La légitimité de cette incursion des experts économiques sur le terrain des réformes institutionnelles est justifiée par cette préoccupation de bonne performance des politiques publiques. Les auteurs précisent prudemment que leurs propositions restent inscrites dans le cadre constitutionnel inchangé de la 5e République. Ce ne sont cependant pas de simples réformes techniques, car elles touchent à l’équilibre des pouvoirs au sein des institutions politiques et visent aussi à répondre aux attentes de la société civile, qui expérimente aujourd’hui d’autres modes de participation politique que la seule participation électorale.

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